Mercredi 11 mai 2011 à 20:56

            J'ai eu envie de prendre ma guitare et de t'écrire un hymne à la vie que je t'aurais envoyé par la poste sans faire de bruit. Hélas la tentative m'a rapidement ramener à la gueule que mes capacités musicales ont plus de limites que mon amour pour toi ; j'ai choisi l'éternelle simplicité des mots. Pardonne-moi de n'avoir pas su te faire danser.

           Quand tu as dis "viens", m'est apparu le souvenir de ce grand toi qui m'a permi de ne pas trop hésiter et de décoller vers ce monde immatériel et indescritpitble qu'est le tiens. En ayant encore Marguerite en tête, j'ai poussé la porte de chez toi, et puis tu étais là avec ton sourire tout doux, tes joues toutes rouges et tes cheveux blonds décoiffés. Tu n'avais pas changé, si ce n'est tes grands yeux qui avaient l'air un peu plus désillusionnés qu'à l'accoutumé. Il a fallut un temps. Il faut toujours un temps. Et puis on se retrouve, et puis on se comprend, un peu comme deux sorcières perchées sur le toit d'une église et qui tantôt regardent le monde en se moquant tantôt se rentrent tout à l'intérieur, se mettent en boule et chantent une montagne avec des baffes dedans, des petites écritures bleues ou noires, des rondes, des bières, des hommes beaux, des vieilles femmes, des livres, des grands livres surtout, les Largarde & Michard, du carrelage clair, des fenêtres entre-ouvertes, du coton, des bonbons, des cheveux coupés et une voix électrique, des rubans, tes rubans. Dans cette montagne, il y aussi nos larmes et nos angoisses, nos aspirations et notre grande envie de voir le monde, de le retourner, de faire la guerre à coup de persuasion pour tous nous faire entrer dans un palais où il y aurait la Justice. Ta présence, elle m'a rappelée tes combats et tes abandons de fatigue, tes cadeaux au monde, ceux que tu as fais aux inconnus pendant que moi j'avais juste le temps de fumer un pétard. "Je rends service". 

         Aujourd'hui j'ai envie de te rendre service, et tu sais c'est facile d'en avoir envie pour toi car en essayant, je sais que je le fais pour beaucoup d'autres que tu aimerais embrasser de ton rire, ton rire vrai qui n'a plus le courage, je crois, de sortir qu'un jour sur deux. Tu sais, quand ta colère se transforme en eau, moi je n'ai envie que de te serrer et de te dire vient on s'en va plus loin voir si c'est mieux, et si ça t'énerve je m'en fou, car tu es capable de dire : toi tu t'en va. Tu peux le faire mais je ne partirais pas, je ne partirai plus. Ca me fait mal quand tu fais ça, quand tu rentres dans ton malheur qui te cache des autres et en même temps te rend vulnérable. J'ai envie de t'emmener sur un navire avec tout plein de fer et de te dire : dors longtemps, je te promets que je ne te réveillerai que lorsqu'il y aura le soleil. Tu passerais ta colère à coup de banjo, en étudiant la politique et le droit. Celui qu'ont les gens quand ils sont chanceux d'avoir quelqu'un comme toi et puis tu m'expliquerais le devoir qu'on a de suivre ces droits. Tu aurais tout lu et quand on accosterait tu irais te battre pour ceux qui le méritent et ceux qui le méritent moins. Tu prendrais le temps de ne vivre avec ta famille que le temps qu'elle suffise à te sentir chez toi et puis tu repartirais pleine de courage et de chaleur dans tes mains, à l'assaut de ce grand monde où tu te perds dedans sans trop savoir pourquoi mais que c'est la bonne cause même si on n'a pas le temps. On se retrouverait parfois, autour d'un sachet de thé qui sentirait bon ta chambre et tes couleurs forcés. Tu aurais les yeux pleins de larmes d'aimer trop de choses à la fois et puis ce serait beau et ce serait vivant et lui, il serait content. 

         Soeur, ta tristesse est bouleversante et belle je suis d'accord, elle éveille la conscience dans et autour, je te l'accorde ; tu te sens à la fois morte et vivante, avec tout le monde et personne, tu es une voyageuse sûre de rien mais qui continue de se diriger toute seule. Tu es l'âme qui n'arrive pas vraiment à signer la paix sans n'avoir plus l'envie de se battre. Tu refuses, ton corps refuse, ton sang refuse, ton nez, ta langue, ta tête je ne sais pas. Essaye-t'elle ? Je le pense. Pas assez longtemps. Tous ils refusent et la marrée est comme celle qui t'a enlevé ce besoin. A force de trop parler, on ne sait plus où sont les mots, tu ignores où les chercher, alors ne cherche plus, ils n'existent et pas et tu vas te perdre. Soeur, si tu m'en laisses le droit, si tu me laisses un indice, je te retrouverai où que tu sois. Si ce n'est pas moi, alors j'enverrai l'objet de ta volonté te chercher, si c'est lui alors je te laisserai pleurer contre moi et je pleurerai avec toi avant de te mettre une claque et de te remettre dans le wagon : vie. Garde toute ta force pour toi, préserve ceux qui t'en donnent et pour nous, prends-soin de toi.

 
 Merci. Tu as le devoir moral d'exister, et en admettant que je sois égoïste, au moins jusqu'à ce que je meurs car tu me donnes confiance en l'homme.
















http://des-photos-parmis-tant.cowblog.fr/images/clem-copie-1.jpg

 

Par monochrome.dream le Lundi 16 mai 2011 à 19:26
Ce que tu écris là, c'est immense. J'ai l'impression que ça déborde de loin le monde des mots et que ton texte donne un élan si puissant à la sensibilité qu'on se retrouve, après le point final, toujours en mouvement de lecture et d'imagination, mais sans tes phrases. Et c'est bizarre : à ce moment, c'est à soi qu'on se cogne.
Je te remercie pour ce beau moment de lecture, et aussi pour ton mot de l'autre jour dans ma tagboard.
Par . le Jeudi 19 mai 2011 à 19:28
wouao..
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://des-photos-parmis-tant.cowblog.fr/trackback/3107996

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast