Samedi 23 janvier 2010 à 2:38


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Il y a cette fille qui marche sur le trottoir, veut s'asseoir sur une marche et trébuche. Il y a toutes ces larmes qui débordent de ses yeux ses yeux si fermés qu'on devine immédiatement qu'elle ne sait ni où elle est, ni où elle va, ni si elle a vraiment envie de le savoir. Je suis allée la voir, moi l'insensible qui ne croit pas en l'amour, moi qui suis si protégée et intimement convaincu qu'il ne peut rien m'arriver et j'ai compris.  "J'en ai rien à foutre" - "Mais arrête de pleurer tu deviens rouge et tout le monde te regarde" - "J'en ai rien à foutre je veux juste qu'il revienne" - "Viens, ça va aller, viens on va aller s'échouer sur le banc bleu là-bas, fais gaffe il est mouillé" - "J'en ai rien à foutre". Elle s'est assise et je l'ai regardée suffoquer sans savoir quoi dire, j'avais même pas un mouchoir, même pas une blague à raconter. "Tu vois, j'suis l'genre de nana qui se sent obligé de tout bousiller, de foutre en l'air tout ce qui me fait du bien." Elle tremblait, d'un tremblement incontrôlable, totalement invisible, juste sa voix, cassée, bousillée, elle avait bien raison, elle était bousillée, les yeux explosés, la tête explosée, les poings serrés. Elle m'a expliqué qu'à chaque respiration montait l'angoisse, un truc lourd, immense, que ça durait depuis des heures, comme si son coeur grandissait, grandissait encore et encore, prenait toute la place, se cognait partout dans son ventre, comme si on essayait de le tordre et de le déchirer, comme si on lui enlevait une partie essentielle à son fonctionnement. Je la regardais, elle et son coeur qui dépasse, agitée, je voulais qu'elle s'arrête, qu'elle reste immobile rien qu'une seconde, je sais pas qu'elle soit trop fatiguée pour continuer à lutter. Je lui ai dis que ça servait à rien. "Tu gagneras jamais contre toi-même, t'auras beau refuser de tout ton corps, tu gagneras pas, ça le fera pas revenir, alors maintenant calme toi et respire un peu plus lentement, l'adrénaline va descendre, tu vas descendre, ça va faire très mal, l'explosion contre la réalité. Mais c'est pas comme si t'avais le choix. C'est pas comme si tu pouvais exécuter toutes les sortes de n'importe quoi que t'as dans ton crâne, ton putain de crâne écorché. Tu peux pas aller le voir, t'as trop d'honneur pour ça" - "J'en ai rien à foutre de mon honneur" - "Tu dis ça maintenant... tais-toi écoute moi. Tu peux pas non plus crier à la terre que c'est un connard, tu peux pas aller lui dire que tu l'aimes." - "Ca fait des mois qu'il attend ça" - "c'est trop tard".  Elle s'est tue et puis tout a recommencé, elle a fermé les yeux, serrés les poings, comme si elle allait se battre, comme si il n'y avait pas d'autre solution à sa survie, comme si tout dépendait d'elle. "Tu comprends pas" - "Nan pas vraiment" - "Tu comprends pas j'ai tout foiré, cette nuit il me disait que pour lui avant c'était le début , qu'il m'aimait, qu'il y pensait presque autant que moi, tu comprends pas comme c'était fort, tu comprends pas comme j'étais lui, comme ça m'a fait mal de pleurer quand il m'a prise avec lui, comme j'en avais besoin, même s'il a pas vu, connard." Elle avait encore du mal à parler. "Il a pas l'droit, c'est même pas humain, c'est juste immoral". Elle a allumé une clope et s'est retourné. "Après il est parti, je l'ai attendu deux heures et j'ai encore pleuré tellement j'étais complète et coupable à la fois. Et puis je l'ai entendu rentré, il m'a dit qu'il était avec elle, qu'elle était là juste à l'entrée, à attendre que je me rhabille que je prenne mes chaussettes et que je me casse. J'ai même pas croisé son regard, je suis partie comme une pute qui se retrouverait en face d'une fille vraiment belle. Il m'a dit désolé et j'ai claqué la porte" - "C'est vraiment finis alors" - "Ta gueule".  J'ai rallumé sa clope, des gens passaient et faisaient semblant de ne pas nous voir. Elle s'est levé a fait quelques pas, s'est appuyée contre le mur, s'est laissé tomber sur le béton trempé et crade. Je savais toujours pas quoi foutre de moi. Si je devais lui dire de rentrer, si elle devait y aller. Je lui ai tendu la main, qu'elle a refusé sans même me regarder. "On va boire un café" - "Nan" - "Un chocolat une vodka je sais pas tu m'aides pas" - "J'suis pas là pour t'aider". Elle commençait à se calmer, elle a regardé son portable puis elle a pris une grande inspiration, a fermé les yeux  et s'est levée - je savais qu'elle voyait du blanc . "Tu penses à quoi ?" - "Il vient de m'envoyer un message".- "Il dit quoi ?" - "Qu'il est désolé mais que c'est de ma faute car il voulait pas, que c'était destructeur et qu'il aurait préféré qu'on réussisse à être amis" - "Bah voyons."
"Qu'est-ce qui y'a ?" - "Je sais pas quoi faire, je le hais mais je veux qu'il soit là, ma tête est cataclysmique." "Peut-être qu'il a peur" - "Peur de quoi ?" - "Je sais pas peur, peut-être qu'il est aussi perdu que toi, peut-être qu'il pense que t'es pas fiable" - "Il se fait autant de mal qu'à moi" - "Peut-être qu'il s'en fou".  Elle a commencé à marcher mais on voyait bien qu'elle n'avait pas d'équilibre, qu'elle était à deux doigts de tomber. J'ai essayé de l'aider et elle m'a dis qu'elle n'avait pas mangé depuis la veille et qu'elle avait la gueule de bois. "J'ai envie d'gerber" - "Il habite où ?" - "Là.". Elle m'a montré une porte sur la gauche. "Fais-toi plaisir ". Elle s'est mis à rire, un rire terrible et qui m'a fait peur, un rire de j'en ai rien à foutre. Ensuite elle a détaché ses cheveux et ça se voyait que leur odeur c'était lui et c'était insupportable. "C'est quoi le problème avec tes cheveux ?" - "Nan rien, j'ai juste pris une douche chez lui..." - "Si tu veux on peut aller plus loin, je sais pas ailleurs où tu veux"  - "Je pleurerai partout, je pleure toujours quand il faut pas" - "Comme tu veux" - "J'vais aller en cours, histoire de me répéter pendant quelques heures que j'en ai rien à foutre : et de m'être blessé et de la mondialisation." "Te barre pas comme ça tu vas faire n'importe quoi. Comment tu t'appelles ?" - "Lou, j'en ai rien à foutre."








 

Tu dois être au jardin, ou peut être à la mer
A lancer tes pensées comme on lance des pierres
Tu m'as jeté au vent, jeté au vent amer
amer tu m'as laissé
ouais t'as fuis ma lumière

Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et qu'au fond de mes bras il y fait trop froid
Toi tu dis que t'es bien, que t'es bien, que t'es bien sans moi
Et moi ya quelque chose qui fait que j'entends pas

Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et qu'au fond de mes bras il y fait trop froid
Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et moi ya quelques chose qui fait que j'y crois pas








 

Par Maaaaaaaathilde le Dimanche 24 janvier 2010 à 13:08
Eprouvant.
Par alesia le Samedi 27 février 2010 à 0:08
Je n'ai pas lu le texte, il est tard et je vais me coucher... Mais la composition des photos est très sympa !
Je repasserai. Merci pour tes petits mots.
 

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