Jeudi 26 août 2010 à 17:10

Juste le bruit du métro toutes les deux minutes. The Pierces. Hier Caen, demain Clermont, juste le temps de goûter Paris. J'ai pris des covoitureurs qui donnaient des stages de déconditionnement. Je manque de nourriture, de cours anarchistes où on met les pieds sur les tables en se prenant la tête, je veux sentir l'odeur d'un vieux bouquin. Devenir adulte, j'ai compris. N'avoir plus le temps, ça m'arrive, et ça dure des mois. Je ne serai pas écrivain, je vais juste me perdre à étudier le grec ancien. Je suis en plein périple intérieur où je voyage concrètement et spirituellement, sorte d'initiation à la vie adultique et à son lot de prise de tête administrative, de banques, de gendarmerie, de chèques, d'aides sociales. Clem j'ai besoin de toi qui me glisse un mot dans ma trousse qui dit "Es-tu l'héroïne de ta propre vie ?"


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Aller avoue, il manquait moi pour le rendre exceptionnel.

Vendredi 23 avril 2010 à 0:42

     " Dis moi petite, qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? - Moi, plus tard, quand je serais grande je serais Clown. "
J'avais sept ans, je marchais sur les mains, et j'adulais les nez rouges. Les Clowns & moi c'est tout une histoire. D'ailleurs, je n'ai jamais compris ceux qui en avait peur. 
   Oh, j'adore, j'adore leurs grandes chaussures, qui remontent au bout. J'adore, j'adore leurs salopettes avec des carreaux. J'adore, j'adore les fleurs qu'ils mettent dans leurs poches et qu'ils envoient partout en marchant. J'adore, j'adore leurs sourires. Quand j'étais petite, j'étais amoureuse d'un clown. Il s'appellait momo, et il avait une péruque verte et un chapeau jaune. Un beau sourire, renforcé par le maquillage. De grandes lèvres rouges avec deux ronds de chaque côté, sur le  haut des joues.

Une vocation.

    Alors, j'ai commencé l'aube de ma vie en voulant faire rire, et voir des yeux se poser sur moi. Des yeux, qui rient. Parce que, c'est magique.  Faire rire les gens tristes. Les sortir un peu de ce qui les rends fous.
Je me suis mis à la trompette, parce que franchement, c'est l'instrument de ces personnages haut en couleur. J'ai demandé à ce qu'on m'offre une salopette. Qu'est-ce que j'ai été contente le jour où j'en ai vu une sur mon lit. Euphorique.

Une vocation.

   Je crois, que je n'aime pas trop les gens qui pleurent. J'aime pas les gens qui souffrent, enfin, je n'aime pas les voir souffrir. Alors, c'est un peu un reflexe de faire n'importe quoi pour les immobiliser dans leur souffrance et de faire mon numéro. Essayer d'anesthésier ce qui fait mal par autre chose.
   Pour être un beau clown, le sourire et de mise. Et les intonnations dans la voix. C'est important.
Mon grand-père, il aimait ça, et si j'avais voulu être un clown avec un éléphant, et bien il m'aurait acheté un chapiteau et une demi-douzaine d'éléphants. Parce que lui, il était triste. Qu'il était triste cet homme. Mais qu'est-ce qu'il s'accrochait aux moments de bonheur que j'essayais de lui offrir.
   J'ai abandonné la salopette et le nez rouge. Mais je crois, que ça reste, la volonté de faire rire. Oh oh, un jour, je viendrais avec un nez rouge, et je tuerais la tristesse a grand coup de tarte à la crême.
Alors, je courrrai partout dans les rues, je jetterais des fleurs sur les gens, je chanterai à tue-tête "Rire, rire, c'est mieux que souffrir, rire, rire, c'est mieux que mourir, rire rire c'est mieux racir " et j'en perdrais haleine. Et j'en aurais vraiment rien à foutre, tant que je décrocherais des sourires. 
   Je veux. Je veux des yeux brillants et des zygomatiques actives, vers le haut. Souriez mesdames, souriez messieurs, le monde n'est pas si triste.
Ecoutez les clowns, regardez les, ils sont là pour vous. 
Priez les clowns, et pas les dieux. 
Venez les voirs dans les grands chapiteaux de la vie.
C'est comme ça, qu'il gagne la leur.


Claounesse
 

Dimanche 14 mars 2010 à 17:48


Il est là, tout près. Je l'entends respirer et jurer. Plus rien d'horrible n'arrivera.


Mercredi 3 février 2010 à 23:39

J'entends ce djembé résonner dans ma boîte crânienne, dans le profond, dans le vide, dans mes doutes. Il semble s'accorder avec ce foutu tambour déréglé. J'aimerais arrêter d'avoir peur du à venir, de l'avenir, comme on dit. C'est tout à fait anormal d'avoir peur à 17 ans, n'est-ce pas ? Je serai terrifiée à 40 ans quand mon métier m'emmerdera, que mon hypothétique amour se brisera, que mon stress m'étouffera, que mes six enfants m'épuiseront. Je serai effrayée à 50 ans, chaque jour un peu plus cassée par un quotidien destructeur. Je serai tétanisée à 60 ans, au-delà, je n'irai plus. Alors si l'homme est égoïste par nature, je ne me détacherai nullement de cette pensée et je me laisserai m'en aller. J'exècre toute cette anxiété ambiante, abjecte cette névrose collective, je vais pouvoir me retirer, retirer ma conscience, mon corps suivra, de ce cercle trop bien réglé. Je file vivre maintenant, c'est notre volonté commune, liberté à saisir, liberté qui s'envole. Je ne veux plus avoir peur, j'ai trop à voir. Je ne me dépasserai que dans un effort physique, mon cerveau n'arrive pas à se forcer à exécuter sous la contrainte, sous l'enjeu d'ambitions, de projets, de performances intellectuelles. Je vais arrêter de réfléchir, de considérer ma matière grise comme un avion à réaction, il explosera, moteur à explosion. Un jour, je composerai(s) un morceau au piano et il fera défiler les instants les plus marquants de ce roman-fleuve.
 

Zhé.

Samedi 23 janvier 2010 à 2:38


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Il y a cette fille qui marche sur le trottoir, veut s'asseoir sur une marche et trébuche. Il y a toutes ces larmes qui débordent de ses yeux ses yeux si fermés qu'on devine immédiatement qu'elle ne sait ni où elle est, ni où elle va, ni si elle a vraiment envie de le savoir. Je suis allée la voir, moi l'insensible qui ne croit pas en l'amour, moi qui suis si protégée et intimement convaincu qu'il ne peut rien m'arriver et j'ai compris.  "J'en ai rien à foutre" - "Mais arrête de pleurer tu deviens rouge et tout le monde te regarde" - "J'en ai rien à foutre je veux juste qu'il revienne" - "Viens, ça va aller, viens on va aller s'échouer sur le banc bleu là-bas, fais gaffe il est mouillé" - "J'en ai rien à foutre". Elle s'est assise et je l'ai regardée suffoquer sans savoir quoi dire, j'avais même pas un mouchoir, même pas une blague à raconter. "Tu vois, j'suis l'genre de nana qui se sent obligé de tout bousiller, de foutre en l'air tout ce qui me fait du bien." Elle tremblait, d'un tremblement incontrôlable, totalement invisible, juste sa voix, cassée, bousillée, elle avait bien raison, elle était bousillée, les yeux explosés, la tête explosée, les poings serrés. Elle m'a expliqué qu'à chaque respiration montait l'angoisse, un truc lourd, immense, que ça durait depuis des heures, comme si son coeur grandissait, grandissait encore et encore, prenait toute la place, se cognait partout dans son ventre, comme si on essayait de le tordre et de le déchirer, comme si on lui enlevait une partie essentielle à son fonctionnement. Je la regardais, elle et son coeur qui dépasse, agitée, je voulais qu'elle s'arrête, qu'elle reste immobile rien qu'une seconde, je sais pas qu'elle soit trop fatiguée pour continuer à lutter. Je lui ai dis que ça servait à rien. "Tu gagneras jamais contre toi-même, t'auras beau refuser de tout ton corps, tu gagneras pas, ça le fera pas revenir, alors maintenant calme toi et respire un peu plus lentement, l'adrénaline va descendre, tu vas descendre, ça va faire très mal, l'explosion contre la réalité. Mais c'est pas comme si t'avais le choix. C'est pas comme si tu pouvais exécuter toutes les sortes de n'importe quoi que t'as dans ton crâne, ton putain de crâne écorché. Tu peux pas aller le voir, t'as trop d'honneur pour ça" - "J'en ai rien à foutre de mon honneur" - "Tu dis ça maintenant... tais-toi écoute moi. Tu peux pas non plus crier à la terre que c'est un connard, tu peux pas aller lui dire que tu l'aimes." - "Ca fait des mois qu'il attend ça" - "c'est trop tard".  Elle s'est tue et puis tout a recommencé, elle a fermé les yeux, serrés les poings, comme si elle allait se battre, comme si il n'y avait pas d'autre solution à sa survie, comme si tout dépendait d'elle. "Tu comprends pas" - "Nan pas vraiment" - "Tu comprends pas j'ai tout foiré, cette nuit il me disait que pour lui avant c'était le début , qu'il m'aimait, qu'il y pensait presque autant que moi, tu comprends pas comme c'était fort, tu comprends pas comme j'étais lui, comme ça m'a fait mal de pleurer quand il m'a prise avec lui, comme j'en avais besoin, même s'il a pas vu, connard." Elle avait encore du mal à parler. "Il a pas l'droit, c'est même pas humain, c'est juste immoral". Elle a allumé une clope et s'est retourné. "Après il est parti, je l'ai attendu deux heures et j'ai encore pleuré tellement j'étais complète et coupable à la fois. Et puis je l'ai entendu rentré, il m'a dit qu'il était avec elle, qu'elle était là juste à l'entrée, à attendre que je me rhabille que je prenne mes chaussettes et que je me casse. J'ai même pas croisé son regard, je suis partie comme une pute qui se retrouverait en face d'une fille vraiment belle. Il m'a dit désolé et j'ai claqué la porte" - "C'est vraiment finis alors" - "Ta gueule".  J'ai rallumé sa clope, des gens passaient et faisaient semblant de ne pas nous voir. Elle s'est levé a fait quelques pas, s'est appuyée contre le mur, s'est laissé tomber sur le béton trempé et crade. Je savais toujours pas quoi foutre de moi. Si je devais lui dire de rentrer, si elle devait y aller. Je lui ai tendu la main, qu'elle a refusé sans même me regarder. "On va boire un café" - "Nan" - "Un chocolat une vodka je sais pas tu m'aides pas" - "J'suis pas là pour t'aider". Elle commençait à se calmer, elle a regardé son portable puis elle a pris une grande inspiration, a fermé les yeux  et s'est levée - je savais qu'elle voyait du blanc . "Tu penses à quoi ?" - "Il vient de m'envoyer un message".- "Il dit quoi ?" - "Qu'il est désolé mais que c'est de ma faute car il voulait pas, que c'était destructeur et qu'il aurait préféré qu'on réussisse à être amis" - "Bah voyons."
"Qu'est-ce qui y'a ?" - "Je sais pas quoi faire, je le hais mais je veux qu'il soit là, ma tête est cataclysmique." "Peut-être qu'il a peur" - "Peur de quoi ?" - "Je sais pas peur, peut-être qu'il est aussi perdu que toi, peut-être qu'il pense que t'es pas fiable" - "Il se fait autant de mal qu'à moi" - "Peut-être qu'il s'en fou".  Elle a commencé à marcher mais on voyait bien qu'elle n'avait pas d'équilibre, qu'elle était à deux doigts de tomber. J'ai essayé de l'aider et elle m'a dis qu'elle n'avait pas mangé depuis la veille et qu'elle avait la gueule de bois. "J'ai envie d'gerber" - "Il habite où ?" - "Là.". Elle m'a montré une porte sur la gauche. "Fais-toi plaisir ". Elle s'est mis à rire, un rire terrible et qui m'a fait peur, un rire de j'en ai rien à foutre. Ensuite elle a détaché ses cheveux et ça se voyait que leur odeur c'était lui et c'était insupportable. "C'est quoi le problème avec tes cheveux ?" - "Nan rien, j'ai juste pris une douche chez lui..." - "Si tu veux on peut aller plus loin, je sais pas ailleurs où tu veux"  - "Je pleurerai partout, je pleure toujours quand il faut pas" - "Comme tu veux" - "J'vais aller en cours, histoire de me répéter pendant quelques heures que j'en ai rien à foutre : et de m'être blessé et de la mondialisation." "Te barre pas comme ça tu vas faire n'importe quoi. Comment tu t'appelles ?" - "Lou, j'en ai rien à foutre."








 

Tu dois être au jardin, ou peut être à la mer
A lancer tes pensées comme on lance des pierres
Tu m'as jeté au vent, jeté au vent amer
amer tu m'as laissé
ouais t'as fuis ma lumière

Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et qu'au fond de mes bras il y fait trop froid
Toi tu dis que t'es bien, que t'es bien, que t'es bien sans moi
Et moi ya quelque chose qui fait que j'entends pas

Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et qu'au fond de mes bras il y fait trop froid
Toi tu dis que t'es bien sans moi
Et moi ya quelques chose qui fait que j'y crois pas








 

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