Dimanche 20 mars 2011 à 16:06

On est tous là à attendre qu'une grande chose nous tombe dessus. Des claques, pour apprendre à se battre. On laisse passer le soleil sous la fenêtre. On regrette avant d'être vieux, on regrette l'avenir mais on ne se lève pas, impatients d'être tout en ne crochant pas dedans.



Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

Jacques Brel - Les vieux, 1963

Dimanche 6 mars 2011 à 21:47

         J'étais motivée à débattre avec vous, et puis une partie de ce que j'ai lu m'a vraiment bouleversé,. Comment peut-on parler de la mauvaise foi des "diaboliseurs" du Front National tout en faisant l'éloge du mur frontalier qui tue les mexicains ? Si c'est pour oublier la simple valeur de la vie au profit de l'économie à tout prix, alors oui, il ne faut pas voter, il faut laisser tomber la neige. Mais ne vous détrompez pas, ne pas voter ne signifie pas ne pas élire, cela signifie laisser élire n'importe qui et cela dans un système démocratique que l'on a choisi en étant français et que l'on revendique en le restant. Je ne suis pas partisane de fuir, alors je demeure et j'espère - quitte à ce qu'on me taxe d'idéaliste - que notre combat n'a pas de fin. Bien sûr l'immigration pose un problème économique, mais êtes-vous sûrs que certains marocains ne méritent pas plus l'emploi qu'un français fainéant et aveugle ? Et même si ce n'est parfois pas le cas, peut-on juger le mérite d'être français ? La question ce n'est pas de savoir pourquoi ou comment renvoyer des hommes, mais de trouver un moyen de baisser le chômage en même temps qu'on réduit leur pauvreté et leur exclusion, qu'on développe leur culture ; un mélange serait bénéfique à tout le monde et n'empêcherait pas la préservation des valeurs que Marine place au-dessus de tout, qui sont dignes de respect mais qui ne sont pas toutes seules à l'être. Les Etats-Unis, malgré leurs contradictions, sont aussi la nation à avoir su créer en partie l'unicité dans la multiplicité, et en apprenant de leurs dérives, on peut le faire mieux qu'elle, et ce sans toucher aux libertés individuelles en pensant atteindre une sécurité pour tous qui ne peut de toute façon pas exister dans un monde où vivent six milliards d'hommes aux ADN très différents. Vous avez raison, les politiques sont des pourris quoiqu'il arrive, vous avez raison, nous sommes victimes des médias et des sondages insignifiants, vous avez raison, beaucoup diabolisent les extrêmes en les faisant parler à leur place. Il n'empêche qu'ils n'en restent pas moins dangereux à vouloir imposer des absolus qui empêchent tout le monde de parler ; il n'empêche que je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur quand je lis ces propos où nous sommes placés au-dessus, au nom de quoi ? Je vais vous le dire : au nom d'un choix d'émigrer, choix qu'ils n'ont pas s'il veulent se protéger de l'absolutisme religieux ou d'une impasse économique à laquelle leurs tyrans ne font pas face ou même qu'ils accentuent. Ils doivent partir, et qu'importe si nous n'avons plus de place. Ici, c'est déjà la merde : je préfère avoir des couleurs pour la partager et danser dessus. La démocratie donnera toujours la loi à une majorité qui écrasera le reste. Au nom des droits humain ? On rigole !
         Ne dites pas que je critique sans proposer, car au risque encore une fois de paraître sur un nuage (c'est vous qui êtes descendus bien bas pour penser que l'emploi prime), je vais vous dire que l'essentiel pour moi, c'est de dégager cette démocratie qui instaure -
sans même s'en rendre compte - la concurrence, la technique et leurs lots de décisions arbitraires, comme valeur suprême, et, de la remplacer par un apprentissage de ce que ce que signifie être humain, majeur et responsable. Renseignez-vous sur l'anarchisme, si vous enlevez vos œillères, vous aurez probablement la chance de découvrir toute la justice que cela comporte. Et peut-être, si on sort d'un rêve de vivre par milliers ensemble et agglutinés - ce n'est pas nécessaire -, vous comprendrez que de s'en inspirer ce n'est pas une illusion ; que de vouloir responsabiliser les gens, placer la richesse culturelle et morale au-dessus de tout, ce n'est pas être idéaliste mais humain. Être humain, vous l'oubliez à chaque fois que vous blâmez sans comprendre, et en étant aveugle à cela, vous vous oubliez vous-mêmes.

J'aimerais dire que j'ai hâte de lire vos contre-arguments, mais serez-vous assez courageux ?

Vendredi 29 octobre 2010 à 20:32

Rien, et puis cinq minutes après : tout.
Le monde est à ma portée, le monde se casse la gueule. Il est sous moi. Je m'envole. La réalité ne prend plus.


Je pourrais écrire un roman, mais tout ne se résume qu'à un mot :





























































A toi de le trouver.

Dimanche 10 octobre 2010 à 3:05



http://des-photos-parmis-tant.cowblog.fr/images/elsamaury1.jpg





Vide, mon corps est vide, vain, innerat, il n'a plus conscience d'être. Il avance doucement, sans pour autant s'en procurer un plaisir. Je suis figée,  je pourrais le rester des jours entiers, sans qu'aucun avion ne passe. Mes sens hors-tension. Seul quand je pleure, alors la vie revient et chaque petite goutte tombant dans le précipice qu'est mon âme la fait se répandre. Seul quand je crie, alors il y a un sentiment profond qui s'éclaire, celui d'un refus, immense, une protestation incommensurable. Lutter contre quoi ? Un accident irrémédiable. Lutter pour quoi ? la saisi d'un évènement dont mon entendement n'a même pas le courage de s'approcher. Comment savoir ?
Un être pour qui c'est moi, pour moi, nous, nous qui ne sommes plus toi ni moi, toi enfuis, enfouis-moi quelque part où il y a l'absence.
On m'a fustigée dans tout ce qui me constitue, on a contraint mon amour à se taire. Maintenant il appelle, conteste, il hurle.
A force de trop haïr il dépasse de mon corps et en fait tomber des lambeaux, tourments grandioses.
Mon amour pour Amaury veut déménager avec lui et  je ne veux pas, il est tout là, au creux de mes entrailles, je ne dois pas choisir entre lui et une réalité morbide.

Je vois les meuble marcher vers la porte, je vois tous ces pleins vides, je vois les mots écris à la craie sur les chats noirs de l'entrée s'effacer, je vois toute ces fois où tu ne seras pas. Je sais que tu ne veux pas mais s'il te plait, reviens-moi, rien qu'une seule fois, pour que j'y crois, pour que je vois, que cet amour que tu me portais a changé. Tu pourrais hein ? je ne te rends pas les choses si difficiles. Pas un mot. Pas une voix. Je n'ai même pas tenté de me sauver de là. Tu t'es soustrait à moi, j'ai renoncé à tous mes intérêts en faveur des tiens en ne disant rien, par respect pour ce bonheur que tu m'as donné. Respecte ma sous-vie sans toi, en la rendant mienne.

Mon bonheur a été écartelé par tout ce que je considérais lui devoir : l'honneur,  la sécurité par le contrôle, le mensonge à moi-même, la pression, la souffrance, le sacrifice et enfin l'agitation, l'agacement de voir que tout ne se passe pas comme je l'imaginais. J'ai perdu les pédales, les principes, l a conscience de la réalité de la souffrance que j'infligeais au profit de la mienne. En sachant cela, j'arrêterais de le chercher et pourrais tout recommencer en mieux. Cela n'arrivera pas, trop de hasards manquées.

Admettons que je ne gémis pas recroquevillée sur le canapé, admettons que je ne suis pas humaine, que je suis comme les autres dehors, toute extérieure à ce qui me rentre dedans. Admettons que je ne puisse me tromper. Alors aurais-je du comprendre avant que trop d'amour devient amour stérile ? Qu'après tout ce à quoi tu t'exerces, qu'après l'ensemble des efforts donnés, qu'après tant de générosité dans les élans, de fanatisme dans les secours, de larmes pour ne pas supporter une existence qui mène à la douleur : il y a une porte devant ton nez.

C'était Elsa, ou la vaine tentative d'aimer sans mal.

Vendredi 17 septembre 2010 à 1:24

 http://des-photos-parmis-tant.cowblog.fr/images/papillon.jpg
                                                                                                                                                                      


                   Cette présence divine, au dessus de la tête, une essence 
qui vadrouille partout autour. Comme l'étoile  polaire,
comme quand on dit : "terre en vue".
Il faut le noir complet, il faut du temps,
sinon ça s'échappe
-   cette image, subreptice -
ça s 'échappe.

Et puis parler de toi, c'est comme penser au rocher,
celui du bout du monde où je crie
à l'intérieur
mais tout le monde entend. 
Successions d'années.
Je suis fanée de ne pas te voir.
L'immense balance de la culpabilité et de l'amour
s'écrase tous les jours, au moment où le feu
va changer de couleur. 


Mon esprit s'arrête devant la vitrine du Mistral-Gagnant.
Tu ne le verras jamais.
Des années lumières plus loin, il y a ton petit toi
qui tourne sur lui-même au milieu d'âmes énergiques,
passants témoins de cette demi-vie dont on me dépouille.
Je suis nue.

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